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Istanbul Istanbul (06)
Histoire de Sainte-Sophie
Posted 07.02.2010 07:40:59 UTC
Updated 07.02.2010 07:40:59 UTC
Le Sultan Mehmed II est entré dans Istanbul le 29 mai 1453, il s’est d’abord dirigé vers la basilique Sainte-Sophie avec le cortège. La magnificence de l’édifice avait envoûté le jeune sultan. Il a immédiatement ordonné de convertir Sainte-Sophie en mosquée et demandé qu’y soit tenue la première prière de vendredi. Nous allons essayer de vous raconter l’histoire de Sainte-Sophie qui a tant influencé le sultan, ainsi que ses particularités architecturale et ses changements. En bref, son expédition à travers le temps.

Les historiens byzantins Théophane et Nikephoros, estiment que la basilique de Sainte-Sophie a été construite en 330 sous le règne de Constantin Ier. Après l’incendie qui s’y est produit en 532 lors de la révolte Nika, l’empereur Justinien a demandé aux deux architectes anatoliens Anthémius de Tralles et Isidore de Milet de reconstruire le plan de la basilique et la structure de sa toiture en bois. Ces maîtres ont travaillé sur un plan jamais appliqué jusqu’à ce jour ; ils ont créé sur une basilique classique, un dôme de 33 m. de diamètre installé sur quatre grands arcs. Ils ont construits des demi-dômes sur l’axe est et ouest afin de soutenir la pression de cette grande masse puis des plus petits dômes qui les soutiennent. Il fallait toutefois réaliser le même ordre au nord et sud pour supporter la pression du grand dôme. Comme cela n’a pas été fait, Sainte-Sophie a été soutenue par des contreforts de deux côtés, tout au long de la période turque comme ce fut le cas pendant toute son histoire. L’empereur Justinien a demandé que soit accumulé devant la construction principale de Sainte-Sophie les colonnes et pierres réunies des œuvres antiques provenant des quatre coins de l’Anatolie. Les huit colonnes transportant les nefs latérales proviennent du temple d’Artémis à Ephèse, l’une des sept merveilles du monde et qui date des Païens. Près de dix milles ouvriers ont travaillé jour et nuit. La construction de Sainte-Sophie a commencé le 23 décembre 532 et s’est terminée le 27 décembre 537. Lorsque l’on entre dans le temple, les grands panneaux ronds situés au-dessous du dôme principal attirent immédiatement l’attention.

Subissant plusieurs pillages et séismes depuis sa construction, Sainte-Sophie a été instaurée sous la période turque tout en préservant sa structure principale. Un minaret en bois a immédiatement été ajouté à la structure. Ce minaret situé à l’est qui sera par la suite recouvert de briques, est fin et de couleur rouge. Un mihrab et minbar en bois y ont aussi été placés. Sous le règne de Bayezid II, le minaret en pierre du côté du Palais de Topkapı a été ajouté. Vers la fin du XVIème siècle sous le règne de Mourad III, deux autres minarets d’hauteur et largeur égale ont été réalisés par Mimar Sinan (Sinan l’architecte) du côté de la route de tramway. Il a aussi ajouté des supports et étais en pierres de taille pour empêcher l’édifice de s’affaisser. Ces unités architecturales supplémentaires qui n’ont pas été faites simultanément, ont suscité certains dérangements esthétiques étant donné qu’elles ont été ajoutées pour renforcer la structure. Sainte-Sophie est devenu l’édifice de prédilection des sultans tout au long de l’ère ottomane. Plusieurs monarques ont contribué à l’édifice. Les chandeliers situés aux côtés des mihrabs ont été posés par Soliman le Magnifique au nom de la victoire de Buda en 1526. A l’intérieur du monument, « les bassins d’ablution » sont en marbre de pièce unique de taille géante qui fut apporté de Bergame sous Mourad III. A l’époque on pouvait aussi y boire de l’eau. Soliman le Magnifique a fait construire une bibliothèque à Kağıt Emini Hacı Cihan Bey en 1552. En 1739, Mahmoud Ier a donné à la bibliothèque son image actuelle. Deux beaux maillets portant l’inscription « Ya Fettah » figurent sur la porte d’entrée de la bibliothèque. C’était une tradition de l’époque. « Ya Fettah », qui est l’une des désignations d’Allah était inscrit sur les portes d’une telle importance. Le bâtiment de la bibliothèque est l’une des plus belles structures de l’époque avec ses décorations en porcelaine, ses conceptions de filets en bronze, ses modèles d’écriture et ses armoires en bois ; elle s’était unifiée à Sainte-Sophie. Le nom d’Allah, du prophète Mahomet et de quatre califes sont inscrits sur les panneaux réalisés par Hattat Yesarizade Mustafa Izzet Efendi. Les tombes des sultans Selim II, Mehmed III et Mourad III et de leurs princes reposent à Sainte-Sophie. Elle est devenue une réelle œuvre d’art avec le chadirwan, l’école primaire ottomane, l’hospice et la bibliothèque du Sultan Mahmoud Ier, la place de rencontre du souverain et la chambre d’horloge du sultan Abdulmecit Ier. L’urbanisme turc avait pour tradition de construire une grande mosquée symbolisant la ville en question. Une grande mosquée n’a pas été construire à Istanbul. C’est Sainte-Sophie qui a été honorée de ce titre ; elle est restée le plus impressionnant et plus grand édifice d’Istanbul pendant de longues années.

Voici à présent la légende de Sainte-Sophie, qui fut convertie en musée en 1935. La colonne faite de marbre blanc carré au nord-est de la structure, attire l’attention par sa particularité de transpiration constante, en été comme en hiver. C’est pourquoi elle fut nommée pendant des siècles durant, « la colonne transpirante ». Elle est aujourd’hui recouverte de panneaux en bronze. Au centre un trou énorme s’est formé, élargi par les millions de visiteurs qui y posent leur doigt depuis des centaines d’années. D’après la légende, il y aurait un talisman à la base de la colonne dite « La colonne chanceuse », « La colonne pleureuse », « La colonne transpirante » ou « la colonne où Al-Khidr a posé son doigt ». Cependant, la colonne faite d’une pierre poreuse absorbe facilement l’humidité du sol et l’évacue. Ceux qui viennent pour y faire un vœu, posent leur index droit dans le trou et font un tour complet dans le sens des aiguilles d’une montre tout en pensant à leur souhait. Si l’on ressent de l’humidité sur le pouce, cela signifie que le souhait est exaucé. Le trou à souhait de la colonne transpirante a une telle renommée, que les groupes de touristes visitant Sainte-Sophie ne quittent pas le musée sans avoir exaucé un vœu.





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